Les perles d’Hervé Morin: « la dignité de la personne reste une valeur très relative »

Le 29 janvier, à la fin d’un article dans Libération, Hervé Morin accumule les perles à propos de la burqa. Je laisse aux lecteurs le soin d’apprécier ses conceptions de la laïcité, de la dignité de la femme et de la dignité de la personne.

Le paragraphe commence pourtant bien:

Une personne, c’est d’abord un visage.

On comprend mal ensuite toutes les raisons qu’il donne de ne pas légiférer.

Mais sur quels principes fonder une telle loi? Au nom de la laïcité? Certainement pas. La laïcité à la française défend la liberté de conscience religieuse.

Entre la liberté de conscience religieuse et le prosélytisme intégriste, il y a quelques nuances…

Au nom de la dignité de la femme? Attention, je dis qu’il y a danger quand on considère qu’une loi peut porter sur la dignité de la personne qui reste une notion très relative. Dans ce cas, pourquoi ne pas légiférer contre la prostitution qui est ni plus ni moins une forme d’esclavagisme moderne?

Deux perles en quelques lignes! La dignité de la personne serait une valeur relative, et la charte européenne des droits de l’homme?

On ne pourrait pas légiférer contre la prostitution: c’est pourtant le cas!

Seules des exigences de sécurité pourraient justifier une loi. Peut-on aller chercher son enfant à l’école sans pouvoir être identifié ? Clairement non ! Une circulaire du ministère de l’éducation nationale suffirait.

Certes, mais l’argument sécuritaire est largement plus dangereux que ceux qui ont été précédemment cités.

Pourquoi avoir écarté si vite un bon principe: une personne c’est d’abord un visage ? C’est la loi italienne de 1975, et elle permet de traiter avec efficacité la question de la burqa, sans viser spécifiquement aucune religion.

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