Bayrou et les profs, un amour réciproque?

Bayrou attire de plus en plus les enseignants, trois millions d’électeurs potentiels ! Rien d’étonnant à cela. Il a été un ministre respectueux de ses collègues et son diagnostic et ses propositions tombent juste, à une période où Gilles de Robien donne tous les signes de l’incompétence, de la démagogie et du mépris avec des circulaires qui tombent du ciel, incompréhensibles mais à appliquer immédiatement.

Fin des suppressions de postes, fin des recrutements en accordéon, moyens garantis, absence de dogmatisme et expérimentations/évaluations, revalorisation des salaires et des carrières (très important, il y a un post qui traine sur le sujet dans tous les réseaux d’enseignants), effort en faveur de la recherche et de l’innovation, restauration de l’autorité avec augmentation du nombre d’adultes dans les établissements, classes spécifiques pour décrocheurs et autres besoins spécifiques (important aussi car la tendance est à la fermeture de ces classes, alors que les enseignants les savent indispensables).
Je crois que ces propositions sont crédibles, le bilan de Bayrou ministre n’a pas été mauvais, loin de là. Certains se plaisent à raconter qu’il n’a rien fait, c’est archi faux. Voici une liste non exhaustive:
– la semestrialisation des universités, étape indispensable de l’harmonisation des diplomes européens (également nommé processus de Bologne, LMD, etc. )
– la création d’un premier semestre d’orientation en première année de fac, avec une ouverture disciplinaire plus large et de la méthodologie. Une bonne idée, mais peu appliquée par des universités sceptiques à l’époque
– les nouvelles séries du bac, exit A, B, C, D, E, F, G etc. création de L, S, ES, STT, STI, etc. Simplification et clarification du système.
– la création du stage en entreprise de 3e, là encore l’expérience est plus ou moins bien organisée, mais l’ouverture sur le monde du travail et la réflexion en amont sur l’orientation sont un pas essentiel.
– Dans le primaire, les premières expériences « main à la pâte » qui aboutiront à la rénovation des programmes de sciences plus ou moins supprimés par Chevenement. Toujours dans le primaire, le retour de l’histoire chronologique et événementielle, en conservant les enseignements d’histoire sociale.

Il y a sans doute des oublis dans ma liste, mais ce n’est déjà pas si mal comme bilan !

Dernier élément essentiel: la méthodologie. Pas de passage en force, pas de dogmatisme, mais la discussion avec les représentants des profs. Les débuts malheureux avec le projet de révision de la loi Falloux auront servi de leçon.
Pas de mollesse non plus, pas mal de ces nouveautés qui nous semblent évidentes aujourd’hui n’ont pas été sans bras de fer avec pas mal de monde…

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