Réunion publique sur l’Europe #EnMarche Reims le 29 mars 2017

 

Bonjour à tous et toutes, merci pour cette invitation, merci Aina pour l’organisation, merci aux comités locaux.

Je suis universitaire. Je participe à des projets européens du programme-cadre depuis le début des années 2000. L’Europe est vraiment quelque chose qui fait partie de mon quotidien.

Par ailleurs, je suis élue et dans ma commune où je suis en charge de la recherche et des universités. L’Europe est quelque chose de tellement important que j’ai créé une fête de l’Europe de la science tous les 9 mai, en espérant susciter à la fois des vocations scientifiques et des vocations européennes.

Je vais vous parler ce soir de l’Europe de la recherche.

La recherche et l’université ont toujours été des lieux d’universalité, des endroits où l’on a toujours beaucoup voyagé et échangé. C’est en voyageant, en discutant, en échangeant avec d’autres qui ont d’autres approches que l’on devient plus créatif et que l’on invente de nouvelles choses.

Avec l’Union Européenne, nous sommes passés à quelque chose de plus organisé bien qu’officiellement la recherche reste une politique régalienne et absolument pas européenne.

Je vais citer quelques réalisations que vous connaissez sans doute et qui font tellement partie de votre quotidien que vous pensez que cela va de soi.

Le programme ERASMUS, qui a concerné des millions d’étudiants, au point que nous en sommes même à évaluer le nombre de bébés ERASMUS à l’intérieur de l’Europe.

Le processus de Bologne, que vous connaissez aussi : il a consisté à trouver des équivalences entre les différents systèmes universitaires Européens pour permettre une circulation à l’intérieur de l’Europe. Il ne s’agit pas comme certaines personnes le croient de vouloir que tout le monde soit pareil, l’Europe c’est « unis dans la diversité », c’est un système d’équivalence qui permet à tout le monde, en gardant sa culture propre et ses approches de circuler à l’intérieur du système. C’est quelque chose de très important sur lequel nous vivons tous. C’est pour cela que vous faites une licence en trois ans, un master en cinq ans et le doctorat ensuite en sept ou huit ans.

Il y a deux grands programmes de financement de la recherche, le programme-cadre qui s’appelle en ce moment Horizon 2020 qui est destiné à impulser des recherches sur des sujets transversaux qui sont de grands défis sociétaux comme la santé, le vieillissement de la population, la sécurité alimentaire, les énergies, etc. des choses qui nous touchent directement dans notre quotidien. Le programme finance aussi des échanges et des mobilités avec les bourses Marie Curie et aide à créer des réseaux thématiques.

Un autre grand programme plus récent, l’ERC finance plutôt de la recherche fondamentale, qui est très importante aussi.

Quels sont les résultats de l’Europe de la recherche ?

Citons d’abord quelques grandes réalisations comme Airbus. Les avions Airbus existent parce qu’il y a eu de la recherche et des investissements européens.

Citons aussi l’Agence Spatiale Européenne, avec la sonde Philae qui va explorer les autres planètes, les satellites qui tournent autour de la Terre, et lié à ces satellites notre nouveau système de positionnement Galileo qui vient d’être inauguré il y a très peu de temps. Il est le concurrent du GPS américain et du GLONAS russe.

Il y a donc de vraies réalisations européennes. Chaque pays garde son style, son approche, son identité, mais l’Europe permet de circuler et échanger, et c’est une chose fondamentale.

Est-ce que tout cela va de soi et continuera quoiqu’il arrive et quoi que l’on vote ? C’est la dimension politique de cette réunion. Non, bien sûr. Cela ne va pas de soi, cela n’est pas naturel, c’est le produit d’une construction patiente et d’une volonté politique.

Je vois par exemple mes collègues britanniques qui sont aujourd’hui catastrophés par le Brexit et qui découvrent que ce qu’on croyait aller de soi et être bien établi ne l’est pas et peut être remis en cause à la faveur d’un referendum tenu dans des conditions assez particulières : beaucoup de fausses informations, un discours très populiste, un gouvernement qui a couru après UKIP et les plus extrémistes de UKIP, tout en essayant de faire un chantage à l’Union Européenne pour obtenir de meilleures conditions pour la Grande-Bretagne.

Aujourd’hui, pour les universités, mais pas seulement pour elles, le projet de Brexit, est une catastrophe. Aina a rappelé que Mme May a appuyé sur le bouton aujourd’hui pour déclencher la procédure de Brexit en deux ans. C’est absolument catastrophique pour les étudiants qui pourront moins facilement circuler, pour les enseignants étrangers, qui sont nombreux et forment une communauté très internationale, pour l’échange des idées, pour les financements aussi parce que le Royaume-Uni réussissait à capter une grande partie des financements pour sa recherche et ne les captera plus.

Ce n’est même pas bon pour ceux qui restent parce que nos collègues britanniques nous apportaient aussi énormément.

Il faut donc une volonté politique. C’est important d’être Européen et c’est ce qu’a bien compris un des candidats à la Présidentielle, Emmanuel Macron. C’est une des raisons principales pour lesquelles je vais voter et je milite activement pour Emmanuel Macron.

Il est le candidat qui est fier de l’Union Européenne, qui a compris qu’il n’y aurait de France forte que dans une Europe forte, et qui propose de renforcer la construction européenne. Il propose que la France joue un rôle moteur avec nos voisins allemands pour renforcer cette construction la rendre plus démocratique.

Dans son programme, il donne une priorité à la recherche pour faire de la France un des pays les plus accueillants pour les chercheurs. Ces orientations sont complètement en ligne avec les politiques européennes et sont impensables en sortant de l’Union, cela n’aurait aucun sens.

C’est aussi le candidat qui souhaite que de plus en plus de jeunes Françaises et Français profitent d’une expérience à l’étranger. Il a proposé un objectif de 200.000 étudiants ERASMUS par an, cela porterait la proportion d’une classe d’âge qui a bénéficié d’ERASMUS à 25%, c’est énorme et cela contribuerait à créer une nouvelle culture européenne plus ouverte.

C’est un candidat qui a des orientations politiques qui vont permettre à l’échelle nationale de décliner aussi les politiques européennes. Nous aurons une synergie entre l’échelle européenne et l’échelle nationale, ce qui permettra d’être plus forts et plus efficaces.

J’ai noté trois domaines au moins, pour illustrer cette idée, mais la liste est longue :

Premier domaine, financer une recherche au service de la société avec de nouveaux grands programmes emblématiques qui font rêver, par exemple autour de l’énergie propre sûre et durable,

Autre politique en ligne avec l’Union Européenne, et qui me tient à cœur, l’égalité entre les femmes et les hommes, grande politique européenne y compris dans l’enseignement supérieur et la recherche. Ce serait en France une grande cause nationale si Emmanuel Macron est élu. Là encore l’Union Européenne nous donnera un élan formidable pour décliner nos politiques, mettre en place des indicateurs, partager des expériences avec nos voisins européens.

Troisième domaine, le lien entre la recherche, l’innovation, et les acteurs économiques de manière à décliner les résultats de la recherche en activités économiques et en richesses pour les territoires. Là aussi, les orientations d’Emmanuel Macron et les orientations européennes sont complètement en ligne et une grande synergie est possible.

Je conclus avant de passer la parole à Edouard.

Nous avons le choix le 23 avril puis le 7 mai entre deux visions du monde. L’Europe n’est pas juste un sujet extérieur aux politiques nationales, différent des politiques nationales.

Soit nous voulons une société inclusive, nous avons confiance dans tous les acteurs de la société, une société fondée sur la coopération, sur la mise en valeur des talents, sur le respect des identités des uns et des autres, sur leur capacité à créer, à rendre service aux autres, une société fondée sur la norme et sur le droit

Soit nous choisissons une société autoritaire où tout le monde est contre tout le monde, où règle la loi du plus fort, où l’on s’isole dans son pré carré en construisant des murs, pensons au mur de Trump à la frontière avec le Mexique.

Ce n’est pas juste une question pour l’Europe, ce sont deux modèles de société qui s’affrontent.

Il y a eu le Brexit, il y a eu l’élection de Trump, nous sommes le prochain domino.

Soit le domino résiste soit le domino tombe et je ne sais pas bien dans quel monde nous nous réveillerons le 7 mai.

Je suis plutôt confiante et avec vous tous qui êtes là, j’espère me réveiller le 8 mai avec Emmanuel Macron président.


Campagne présidentielle 2017

Le 29 mars 2017 à Reims (transcription)

 

 

 

 

Publié par

asgodfroy

Anne-Sophie Godfroy a été élue en mars 2014 adjointe au Maire du 6e arrondissement de Paris, déléguée aux universités, à la recherche et à l’innovation.

Elle contribue à la réflexion politique, notamment sur l’éducation, la recherche et l’innovation, l’Europe et l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Après un engagement politique à l’UDF puis au Mouvement Démocrate, elle a rejoint La République en Marche début 2017. Elle est candidate aux élections législatives de juin 2017 dans la 4e circonscription de la Marne, sous l’étiquette « Majorité Présidentielle ».

Anne-Sophie Godfroy est née le 11 septembre 1969 à Chalons en Champagne. Elle est maître de conférences en philosophie, docteur et agrégée de philosophie, et ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm. Elle est la mère de deux enfants, Elisabeth et de Paul.

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