Où étaient les Français à Madrid?

ou_etaient_les_francaisLe 26 janvier 2007, les 18 Etats membres qui ont ratifié la Constitution européenne se sont rencontrés à Madrid pour tenter de sauver le texte. Pour la première fois, la France, pays fondateur de l’Union ne participe pas à un sommet européen. Il est vrai que ce sommet était plutôt celui des « ouistes », mais était-ce une raison pour ne pas y participer ?

Premier constat: il est nécessaire de doter l’Union de nouvelles règles de fonctionnement sous peine de la laisser s’enliser dans le chantage à l’unanimité et les caprices nationaux de ses différents membres. Les règles prévues pour une douzaine ne tiennent plus à vingt-sept, la Commission en fait l’expérience tous les jours. Il est urgent de réviser le mode de fonctionnement, ce qui aurait dû être fait à Nice en 2001 d’ailleurs, mais hélas, la France cette fois encore était en campagne électorale et a préféré différer les décisions et remettre le traité constitutionnel après l’entrée des dix nouveaux en 2004.

Deuxième constat: La France et les Pays-Bas ont voté non, ce sont donc les premiers à convaincre de se relancer dans l’aventure européenne. Certes, le moment de la campagne n’est pas le meilleur puisque ses dirigeants actuels ne peuvent pas engager la France alors que des élections présidentielles et législatives ont lieu dans quelques mois, mais ils peuvent expliquer et analyser les raisons du non, étape essentielle pour commencer à travailler à une relance du projet alors que l’Allemagne n’aura que quelques semaines après les élections françaises pour faire des propositions. Une telle attitude aurait été responsable vis-à-vis des autres citoyens européens.

Cela ne semble d’ailleurs pas si impossible. Il existe un consensus a minima entre les principaux candidats: revoter sur un texte court, reste évidemment à savoir quel texte court, et quand et comment revoter, là, les avis divergent ! François Bayrou a fait une proposition à Strasbourg qui semble raisonnable. Si un nouveau vote par referendum est risqué, c’est pourtant la seule solution pour ne pas couper définitivement les Français de l’Europe. Refuser d’entendre leur refus et voter ensuite au parlement dans leur dos ce qu’ils avaient refusé serait désastreux et renforcerait le mythe d’une Europe élitiste qui se moque de l’avis de ses citoyens, ce qui n’est pas la vérité.

Voilà pourquoi il était possible et même indispensable d’être à Madrid pour expliquer les raisons du non et dire que nous sommes prêts à retravailler une deuxième version.

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