« Partir de bonne heure le matin se décide le soir. » Proverbe malinké

C’est officiel, le socialiste Éric Loiselet, premier secrétaire fédéral de la Haute-Marne, rejoint les listes d’Europe Écologie. Parions que les mois à venir seront ponctués de ces annonces destinées à entretenir un climat d’effritement du PS et vraisemblablement aussi du MoDem. Si l’on pouvait initialement croire à une dynamique de construction d’une alternative politique, Europe Écologie apparaît comme une machine à tuer le PS, le MoDem et vraisemblablement Les Verts eux-mêmes.

((/public/Images_billets/.depart_m.jpg|depart.jpg|R|depart.jpg, oct. 2009)) La stratégie d’Europe Écologie se dessine maintenant clairement : déshabiller personnalité après personnalité le PS et sans doute le MoDem. Refuser des accords d’appareils a surtout l’avantage de permettre des négociations en position de force avec des individus, là où les négociations d’appareils seraient moins favorables à une organisation qui a peu de militants et d’élus en comparaison du PS. «Partir de bonne heure le matin se décide le soir », dit le proverbe malinké. Les négociations avec les personnalités à débaucher se sont préparées dans les mois précédents. Reste à orchestrer les départs le plus théâtralement possible de manière à donner l’impression d’un effritement continu des autres partis d’opposition. Je ne suis pas certaine que les électeurs seront dupes. Le MoDem est ce qu’il est. Je suis la première à en connaître les limitations et les défauts, à savoir qu’il n’a pas su encore répondre à l’espoir qu’il avait fait naître. J’imaginais il y a encore quelques mois qu’une alliance et une dynamique avec l’écologie pouvait contribuer à une recomposition politique. Je ne crois plus à cette hypothèse. __Pour créer un partenariat et une dynamique, il faut être au moins deux.__ Quand le partenaire refuse le partenariat et se contente de dépouiller son partenaire personne après personne le plus médiatiquement possible, il est impossible de croire à sa bonne foi. On ne peut pas se comporter comme le Minotaure et faire croire que l’on est prêt à construire une alternative politique crédible. Le MoDem n’a plus d’autre choix que de monter ses listes autonomes et d’en assumer les risques. Le combat des régionales est peut-être perdu d’avance, mais autant le livrer de manière visible et à visage découvert plutôt que perdus dans les rangs d’un regroupement aux intentions douteuses. C’est encore le meilleur moyen d’assurer l’avenir et de préserver ce qui reste du capital politique du MoDem, et qui n’est pas négligeable, les 18% de François Bayrou en 2007, et l’espérance d’alternative qu’il était parvenu à susciter.  »Photographie de Wilfrid Hoffhacker. »

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