Victoire de Syriza: « les Grecs veulent écrire l’histoire en laissant l’austérité derrière eux »

chouetteLa nouvelle d’hier soir est la victoire de Syriza et du charismatique Tsipras: visages réjouis de la foule grecque, grand moment de démocratie. Il faut faire confiance aux Grecs qui sont la plus vieille démocratie occidentale.

Dans la presse, la plupart des commentateurs connaissent manifestement mal la Grèce et oublient que les Grecs sont un peuple de patrons de PME qui sont parfois fonctionnaires le matin, travaillent beaucoup et enchaînent deux journées de travail.

Syriza est présenté comme la gauche radicale mais c’est oublier que Syriza est partisan de l’Euro et de l’Europe, et n’a pas grand chose à voir avec notre propre gauche radicale. Drôle de gauche radicale d’ailleurs qui s’apprête à s’allier à ANEL, un parti de droite dit souverainiste, mais … pro-européen. Là encore, il faut remiser nos catégories habituelles pour comprendre. Ni To Potamos ni le PC pourtant voisins sur l’échiquier politique ne sont finalement les alliés de Syriza, qui finalement semble plutôt modéré et souhaite simplement rester dans l’euro et l’Europe mais négocier la dette de la Grèce, une position qui parait raisonnable et réaliste, et dont l’Allemagne ou la France ont bénéficié en leur temps.

Tsipras profitera du travail de Samaras, de l’assainissement et de la (timide) reprise qui est en cours. Je ne vois pas de vraies raisons de s’inquiéter, le nouveau premier ministre n’est pas le fou furieux que l’on a parfois présenté, il répond à la demande de dignité, d’efficacité aussi, du peuple grec, contre une austérité qui est devenue intenable.

Curieuses réactions de la classe politique française, le FN se réjouit alors que Tsipras est un Européen convaincu et qu’Aube dorée recule. Mélanchon et EELV font semblant d’ignorer que Tsipras est un Européen convaincu. Le PS en oublie la défaite cuisante du PASOK et ses propres orientations… Nouvelle démocratie n’est pas vraiment désavouée et perd honorablement pour un gouvernement qui a fait subir une cure d’austérité aussi dure, ce qui est assez logique puisque l’on assiste à un début d’amélioration de la situation en Grèce.

Le changement de génération fait penser à Renzi en Italie. Il signe la fin du monopole du PASOK et de Nouvelle démocratie et l’émergence fulgurante d’une nouvelle force politique. A-t-il attiré de nouveaux électeurs? Sa victoire est-elle un victoire par défaut ou la victoire d’une offre politique nouvelle qui rencontre les aspirations profondes des électeurs et fait remonter la participation? Il faudra regarder les décomptes en voix pour avoir la réponse demain.

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