Pourquoi je demande un référendum sur la Poste

Du 27 septembre au 3 octobre je participerai à l’organisation de la votation dans le 6e arrondissement. Les détails de l’opération se trouvent sur un site internet: [www.appelpourlaposte.fr|www.appelpourlaposte.fr] Je ne partage sans doute pas exactement la même vision de l’avenir de la Poste avec tous les signataires de l’appel, mais je partage le souci d’un débat public ouvert et d’une vraie discussion sur l’avenir des services publics. Je m’associe donc à la demande de débat et au refus de la solution imposée par le gouvernement.

((/public/Images_billets/.sevice_public_postal_1mo_m.jpg|laposte|R|laposte, sept. 2009)) Il s’agit de demander un referendum et un débat public sur l’avenir de la poste et de refuser la décision gouvernementale assez incohérente qui consiste à privatiser sans le faire vraiment (puisque les nouveaux capitaux seront publics avec la Caisse des Dépots et que la Ministre soutient qu’il n’y a pas de privatisation). Nous pouvons craindre à la fois pour le maintien d’un service public efficace et pour les finances publiques. Les dernières prises de position de François Bayrou, de Corinne Lepage, des parlementaires européens du MoDem et de nos candidats aux Européennes sur les questions de privatisation ont fait du MoDem des partenaires évidents et incontournables de ce mouvement citoyen. Le MoDem a été sollicité pour participer au collectif, c’est un signe positif qu’il demeure un acteur important du paysage politique. Pour autant, refuser le projet gouvernemental n’est pas se contenter du statu quo. La Poste telle qu’elle fonctionne aujourd’hui est une institution perfectible. Pour assurer sa pérennité, il faudra la repenser en tenant compte de deux impératifs: *1: L’État doit assurer la continuité et la diffusion de services publics qui représentent l’infrastructure nécessaire au développement d’un pays: l’éducation, les réseaux de transports, les communications, etc. Adam Smith en a fait la liste à la fin de  »La Richesse des Nations ». *2: Ces services doivent être assurés au meilleur coût et avec la meilleure efficacité pour l’ensemble des citoyens. Dans cette perspective, les anciens modèles hérités de la construction de l’Etat-providence de la fin du XIXe siècle à l’immédiat après-guerre sont à repenser. Ils ont rendu de bons et loyaux services en leur temps, mais ne sont plus forcément adaptés à la situation actuelle. Si l’État doit pouvoir réguler et garantir la continuité des services sur l’ensemble des territoires, cela ne signifie pas qu’il doit assurer lui-même intégralement le fonctionnement du service. La question du financement des services doit également être reposée. Quelles doivent être les parts respectives du consommateur/usager et des différentes collectivités publiques? Dans la contribution des collectivités, quelles collectivités doivent contribuer et quelles doivent être les sources de financement? La solution la mieux adaptée n’est peut-être plus un État centralisé qui tire ses principaux revenus de la TVA et des impôts sur le travail salarié. L’entreprenariat social (ou social business) décrit par Muhamad Yunus est une piste pour penser des services publics adaptés à notre époque.

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